Partager l'article ! 2002 GRENIER.: Installation réalisée pour Entrelacs Thème 2002"Poétiques" à l’écomusée d’al ...
Anne-Marie Schoen
Ma réflexion sur l’illusion de la trace, de
l’héritage, de la mémoire, me pousse à rechercher une action artistique qui se vit au présent.
J’ai à cœur d’entrer en contact avec les gens en dehors des lieux de l’art dans un rapport de proximité, de solliciter leur participation à une création, de faire naitre de la rencontre et de l’échange des signes modestes, des traces éphémères, posés dans l’espace commun.
Dans cet esprit je cherche à proposer des actions participatives d’art de proximité, des performances, des installations hors des espaces habituellement consacrés à l’art. Je cherche à travailler avec d’autres artistes, plasticiens, artistes du spectacle vivant, sur des projets collectifs.
J’ai besoin aussi de me retrouver seule à l’atelier, une pratique s’enrichissant de l’autre.
J’ai conscience de la contradiction entre la conviction de l’inutilité fondamentale de la fabrication d’objets plus ou moins pérennes, le sentiment de nécessité d’être au présent sans bagage et le fait d’avoir une production d’atelier.
J’y suis cependant, pleinement présente, dans un corps à corps avec la matière, papier, crayon, peinture, argile, bois, corde…, dans le geste de travail, le mouvement du corps en action, corps qui reste, quoi qu’il arrive, notre bagage ultime et la condition de l’existence de la pensée et du langage qui nous définissent en tant qu’humains.
Installation réalisée pour Entrelacs
Thème 2002"Poétiques"
à l’écomusée d’alsace 68190 Ungersheim.
Remerciements
à Jacqueline grâce à qui les travaux de couture ont pu être mené à bien
aux amis qui m'ont tenu l'échelle, passé les pinces ou les ciseaux, apporté leur soutien, ou fait à manger.
Dans le grenier, il y a toute la mémoire de la maison, une mémoire vivante qui croit en l'avenir.
Enfant, on y monte un peu effrayé, sur la pointe des pieds.
Là haut, la solitude est grande, Soudain, on est loin, le vent souffle, on entend les bruits du dehors avec une intensité particulière. En été la chaleur est totale, en hiver le froid nous saisit. .Dans le sombre, la lumière des lucarnes a une qualité particulière: poussière dansante et bleu du ciel.
On y pend la lessive, on y range les valises entre deux départs en vacances, les habits d'hiver en été, les habits d'été en hiver, de vieux meubles qu'on réparera un jour et les graines à semer au printemps prochain; et puis ,soigneusement emballés, on y garde les habits de fête d'un autre temps: robes de bal ou de mariée, frac et haut de forme, et les jouets d'enfants depuis longtemps grandis…
Ces trésors attendent un enfant à venir :
-"Tiens, fais bien attention, c'est la poupée de ta maman quand elle était petite…"
Et l'enfant se revêtira de dentelles et de rêve…
De ces précieux souvenirs il tissera la trame de sa mémoire…
Que ce grenier existe vraiment importe peu, nous construisons tous cet espace léger et fragile, page blanche ou vibre la lumière.
et j' y fredonne cette berceuse.