Partager l'article ! 2008-2010 LES BANQUETS: C'est à l'ocasion de ma résidense à Pouligny que je décide de me servir de mo ...
Anne-Marie Schoen
Ma réflexion sur l’illusion de la trace, de
l’héritage, de la mémoire, me pousse à rechercher une action artistique qui se vit au présent.
J’ai à cœur d’entrer en contact avec les gens en dehors des lieux de l’art dans un rapport de proximité, de solliciter leur participation à une création, de faire naitre de la rencontre et de l’échange des signes modestes, des traces éphémères, posés dans l’espace commun.
Dans cet esprit je cherche à proposer des actions participatives d’art de proximité, des performances, des installations hors des espaces habituellement consacrés à l’art. Je cherche à travailler avec d’autres artistes, plasticiens, artistes du spectacle vivant, sur des projets collectifs.
J’ai besoin aussi de me retrouver seule à l’atelier, une pratique s’enrichissant de l’autre.
J’ai conscience de la contradiction entre la conviction de l’inutilité fondamentale de la fabrication d’objets plus ou moins pérennes, le sentiment de nécessité d’être au présent sans bagage et le fait d’avoir une production d’atelier.
J’y suis cependant, pleinement présente, dans un corps à corps avec la matière, papier, crayon, peinture, argile, bois, corde…, dans le geste de travail, le mouvement du corps en action, corps qui reste, quoi qu’il arrive, notre bagage ultime et la condition de l’existence de la pensée et du langage qui nous définissent en tant qu’humains.
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Marée basse, reliques d’existences perdues, des
objets s'accumulent qui semblent évoquer une fonction mais la plupart sont aberrants ; délavés jusqu'à la blancheur, monceaux de petits nœuds faits pour se souvenir, fils du temps
interrompus.
Dans le blanc, toutes les couleurs confondues s'abolissent, non point éteintes
mais indifférenciées. Dans les limbes de l'existence, les objets blancs constituent une mémoire dans laquelle se superposent, se brouillent, se déforment et disparaissent les
souvenirs.
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L'ensemble est comme une plage qu’efface encore et encore la mer. Le visiteur
est invité à en réinventé le contenu, comme le prisme restitue les couleurs. voir d'autres images.
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Merci à Annie Perrin, la maitresse de ce lieu vivant et singulier pour son accueil, sa disponibilité et son engagement. voir les photos.